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Au début des années '90, le gouvernement du Québec, dans sa volonté de rationalisation, procéda à une fusion de divers services en donnant naîssance à la Régie des alcools, des courses et des jeux du Québec (RACJ). Fort de cette fusion, il invita les fonctionnaires de ces anciens services à prendre leur retraite anticipée. La totalité des fonctionnaires affectés à la gestion des permis de bingo utilisèrent ce droit. Le monde du bingo perdit alors une expertise incalculable... Les nouveaux gestionnaires de permis, vinrent tous (ou presque) du monde des permis d'alcool... Les règles qui furent appliquées au cours des années suivantes correspondaient aux règles d'émission des permis d'alcool: "Le marché s'occupera de régulariser le nombre" ou "À qui en veut... en a"; et, en attendant, la nouvelle Régie empochait les revenus de vente de permis de bingo et ce, sans égard à la capacité des quartiers ou régions à pouvoir assurer aux organismes bénéficiaires, la rentabilité de leurs investissements.
Pire encore, particulièrement en milieu urbain, bon nombre de prospecteurs et de financiers privés profitèrent largement de cette ouverture de la RACJ. Ils offraient, à des organismes ignorants, la possibilité d'un gain sans aucune préoccupation, sinon que celle de signer un formulaire de demande de permi de bingo. Du même coup, ces rapaces prenaient le plein contrôle de leur bingo. Au cours des mois suivant, on vit apparaître une série de grosses salles privées offrant du bingo à tous les jours, incluant des cadeaux en tout genre, des rabais illicites et imposèrent des formules de promotion qu'aucune salle communautaire ou salle paroissiale ne pouvait concurrencer... On venait de voir apparaître une nouvelle ère où la commercialisation d'un jeu convivial était attiré vers l'exploitation et le profit maximal.
Origine de Bingo Lib Québec:
En 1993, devant un marasme complet, le gouvernement entreprenait la révision des règles et règlements du bingo. Les centres membres de la Fédération québécoise des centres communautaires de loisirs (FQCCL) et détenteurs de licences se sont regroupés pour faire connaître à la RACJ leur façon de voir le développement de cette importante activité de financement. Initié d'abord sous la forme d'un "Comité Bingo des CCL" quelques uns des membres donnèrent naissance au premier regropement provincial large d'organismes sous le nom de Association des détenteurs de permis de bingo du Québec. Quelques temps plus tard, ce regroupement fusionna avec un nouveau groupe du nom de Robin. Ce dernier, jugé trop près des rapaces du privé fut concurrencé par le même comité, toujours vivant, de la FQCCL. Depuis ce temps, plusieurs mémoires furent transmis à la Régie par le comité de cette fédération.
Les centres communautaires sont bien enracinés dans leur milieu. Ces centres travaillent en concertation avec d'autres organismes sans but lucratif OSBL pour tenir leur bingo dans des salles communes ou pour échanger sur le devenir de cette activité dans leur ville, leur quartier. En 1996, ce petit groupe de 26 Centres communautaires reçurent une demande de plusieurs organismes communautaires ofrant de se joindre à leur regroupement. De cette fusion d’objectifs de convivalité et de développement du bingo au Québec, fut créé Bingo-Lib Québec.
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